Aujourd’hui, le recyclage fait partie de nos vies. Poubelle jaune, poubelle verte, trier nos déchets est devenu une habitude et un vrai geste écologique pour lutter contre le réchauffement climatique. Ou en tout cas, c’est ce qu’on imagine.
Le recyclage devient un véritable argument marketing et alimente le mythe du recyclage à l’infini. Entre terme fourre-tout et terme déculpabilisant, le recyclage pose la question de son efficacité dans la lutte contre le réchauffement climatique.
Chaque année en France, 573 kilos de déchets sont jetés par habitant. C’est un chiffre non négligeable, surtout quand on sait que ce dernier a doublé sur ces 40 dernières années pour 2 raisons principales :
- l’augmentation de la population
- la surconsommation de produits à usage unique.
Un emballage qui comporte la mention “recyclable” ne veut pas forcément dire qu’il le sera. Par exemple, seuls 9 % de tout le plastique produit est recyclé. Le reste termine dans des décharges, l’environnement ou bien il est incinéré.
Alors le recyclage est-il si bénéfique qu’il le promet ? Comment ça se passe pour les déchets électriques et électroniques ? Quelles sont les alternatives au recyclage pour réduire ses déchets et son impact environnemental ? WeeeDoIT vous livre ses pistes de réflexions.
Recycler, ça veut dire quoi concrètement ?
Recycler, ça veut avant tout dire détruire un déchet ou un objet pour en faire autre chose. Les matières qui en résultent peuvent être appelées “matières premières secondaires”.
Le recyclage permet, en comparaison à la production de matériaux neufs, d’économiser l’énergie et les ressources nécessaires pour la création. Surtout, il réduit la quantité de déchets à traiter. En tout cas, c’est l’idée classique que l’on a du recyclage.
Mais plusieurs points noirs sont à souligner dans ce processus. Notamment l’idée que le recyclage est infini et qu’il est la solution idéale pour lutter contre le réchauffement climatique. Il ne faut pas oublier que même s’il y a une possibilité de recycler, ce n’est pas toujours le cas, et ce pour plusieurs raisons : manque de filière, moindre coût d’enfouir que de recycler …

Quels sont les déchets recyclables ?
Bien que les communes aient quelques petites différences entre elles quant aux choses à trier, voici les catégories principales des choses qui peuvent être recyclées.
On compte 8 catégories de déchets recyclables :
- le plastique : c’est la matière que l’on retrouve absolument partout dans notre vie quotidienne, que ce soit dans les bouteilles transparentes, les bouteilles opaques, les bouchons, les flacons…
- le verre : on y retrouve principalement des bouteilles, des bocaux et des flacons.
- le papier : ajoutés au carton, ces déchets recyclables représentent 20 % de tous les matériaux que l’on peut recycler. Cela concerne les revues, les tracts, les boîtes et emballages divers. Le problème ? Certains emballages cartons contiennent de fines couches de métal ou de plastique.
- le métal : ici, on parle des objets qui sont composés d’acier ou d’aluminium, cela concerne les canettes, les barquettes, les boîtes de conserve et les briques de lait.
- l’organique : ceux-ci sont sans doute les plus faciles à recycler, ou plutôt, à composter. Aussi appelés “déchets verts”, ils se dégradent naturellement.
- ce qui est dangereux : tout objet explosif, inflammable, irritant, toxique, cancérigène ou corrosif est considéré comme tel. En plus d’être dangereux pour l’humain, ils sont très polluants. Il est important de déposer ce type de déchets dans des endroits dédiés.
- ce qui est encombrant : trop volumineux pour aller directement dans la poubelle, il est nécessaire d’amener meubles, ferrailles, gravats à la déchetterie.
Comment est-ce qu’on recycle ?
Concrètement, une fois que les déchets sont mis dans la poubelle jaune, qu’est-ce qu’il se passe ? Quelles sont les techniques pour recycler les déchets pour en faire de nouveaux matériaux ?
Il existe 3 techniques de recyclage :
- le procédé chimique
- le procédé mécanique
- le procédé organique
Le recyclage chimique
Le recyclage chimique se fait grâce à différentes méthodes chimiques qui permettent de séparer les divers composants des matériaux. Pour le plastique on parle de notamment de :
- dépolymérisation ;
- pyrolyse ;
- dissolution.
Le recyclage chimique est notamment mis en avant comme la solution ultime pour éliminer tout le plastique utilisé chaque année en les transformant en nouveaux composés plastiques, produits ou même du carburant.
Cette technique de recyclage chimique du plastique pose 2 problèmes :
- la transformation est très énergivore en ressources énergétiques mais aussi en eau ;
- le problème est simplement déplacé, tout le plastique n’est pas recyclé et/ou recyclable et donc les monticules continuent de s’accumuler.
Le recyclage mécanique
La deuxième technique de recyclage consiste à séparer les différents matériaux qui composent les déchets à l’aide d’une machine. Cela peut paraître simple mais beaucoup de choses ne peuvent être recyclées car les matériaux qui les composent sont trop fins, trop imbriqués ou que les différentes filières pour les extraire n’existent pas encore.
Le recyclage mécanique peut aussi se faire dans le sens où les déchets sont broyés pour former des “briques” de matières premières secondaires, prêtes à être utilisées pour autre chose.
Le recyclage organique
Le recyclage organique est sans doute la technique la plus simple et écologique des trois. Les déchets biodégradables, ou “déchets verts” sont simplement compostés ou fermentés pour être réutilisés comme de l’engrais, de l’humus, du paillage…

Et les déchets électroniques ?
Les déchets électriques et électroniques, aussi appelés DEEE ou D3E sont compliqués à recycler car ils contiennent de très nombreux matériaux rares et des petits composés.
Les DEEE se composent :
- des déchets d’équipements électriques et électroniques provenant des ménages ;
- les déchets EE d’origine commerciale ;
- les déchets EE industriels ;
- les déchets EE d’origine institutionnelle.
On ne peut pas simplement les amener à la déchetterie ou les jeter dans la poubelle jaune. Et pour cause, il existe une législation qui encadre le recyclage de ces DEEE.
Un Français produit en moyenne 21,3 kilos de déchets électroniques par an. À l’échelle mondiale, 44,7 millions de tonnes de DEEE sont produites chaque année et seuls 20 % sont pris en charge par une filière pour les recycler. On comprend mieux l’importance d’encadrer ce secteur, surtout au vu de la hausse de l’utilisation des outils informatiques.
Le tonnage des déchets récupérés est visé à la hausse, pour recycler au mieux ces DEEE. L’objectif est d’en récupérer au maximum. Mais cela pose question : que fait-on du réemploi de tous ces appareils électriques et électroniques ? Ils sont nombreux à être encore utilisables ou dont certains composés peuvent être revalorisés.
Est-ce donc vraiment la meilleure solution de viser le recyclage à tout prix ?
Recycler, la fausse bonne idée ?
Le recyclage pose plusieurs problèmes, de plus en plus pointés du doigt :
- le mythe du recyclage infini ;
- la déculpabilisation d’utiliser des emballages ou des matériaux à usage unique ;
- le coût financier, énergétique et en ressources du processus ;
- le manque d’une filière 100 % efficace.
National Geographic pointe explicitement le problème du doigt par rapport au plastique : « seuls 9 % de ces déchets ont été recyclés. L’immense majorité, soit 79 %, est en train de s’amonceler sur les sites d’enfouissement des déchets ».
De nombreuses ressources, comme le documentaire “Déchets : les grands mensonges du recyclage” de Paul Labrousse ou l’ouvrage de Flore Berlingen “Recyclage : le grand enfumage”, mettent en avant les pièges de ce schéma.
Le recyclage est possible en théorie, mais nombreux sont les déchets qui terminent :
- brûlés ;
- enfouis ;
- dans des décharges sauvages.
Tout cela coûte moins cher que d’être recyclé.
Les exemples sont nombreux dans le documentaire de Paul Labrousse. On voit une société de ramassage des déchets mélanger poubelles jaunes et vertes dans la même benne lors du ramassage.
Jeter et trier ne doit se faire qu’en dernier cas de figure, l’important est de réfléchir à sa (sur)consommation. Et il ne faut pas oublier que certains produits, même s’ils sont transformés, entraînent d’autres problèmes. Les pulls en bouteilles en plastique sont remplis de microparticules de plastique qui terminent dans les océans et dans notre eau potable.
La réalité du recyclage n’est clairement pas à la hauteur des objectifs annoncés. Mais alors qu’est-ce qu’on peut mettre en place pour avoir un impact environnemental moins important sans recycler ?

3 alternatives au recyclage pour réduire son impact environnemental grâce à l’économie circulaire
Les 3 solutions qui vont suivre concernent les éléments informatiques mais peuvent s’appliquer à de nombreux secteurs du quotidien. Il en existe plus que trois, on peut aussi acheter en vrac, faire de l’upcycling… L’idée reste de s’inscrire dans une démarche d’économie circulaire vertueuse.
Le reconditionnement
Le reconditionnement consiste à donner une seconde vie aux appareils électriques et électroniques. Renvoyés dans des ateliers dédiés, ils sont testés, nettoyés et réparés pour ensuite être revendus moins chers que les produits neufs, avec la mention qu’ils ont été reconditionnés.
L’avantage du reconditionnement ? On ne produit pas de déchets car c’est l’appareil dans son ensemble qui est remis en état de marche. Les E-waste sont réduits et remis dans le circuit. C’est un schéma vertueux qui renforce la démarche d’économie circulaire.
La réutilisation
Ici, pas de reconditionnement. On réutilise le déchet, ou l’ancien appareil numérique dans un usage détourné. L’emploi pour lequel il a été pensé n’est pas exactement le même que celui pour quoi il sera utilisé. Par exemple : utiliser une vieille porte pour faire une table, prendre les pneus de voiture pour protéger la coque des bateaux.
La seconde main ou le réemploi
Le réemploi ou la seconde main reste une des solutions les plus intéressantes en termes d’empreinte carbone, surtout pour les appareils électroniques. On prolonge leur durée de vie, il n’y a pas besoin de nouvelles ressources pour le remettre en état.
L’appareil est remis sur le marché beaucoup plus rapidement. Cela réduit les besoins en termes d’espace de stockage ou de ressources humaines et énergétiques.
Maximiser l’usage d’un appareil de la sorte réduit considérablement son empreinte carbone, à condition que ce geste remplace l’achat d’un appareil neuf.
On voit bien à quel point le recyclage ne peut être vu comme la solution écologique par excellence. Il est primordial de réfléchir avant tout à sa consommation et aux alternatives pour éviter d’acheter du neuf ou des emballages à usage unique.
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Team WeeeDoIT & Emma
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